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Valérie Belin


2001-02-17 - 2001-03-17, Paris

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On peut considérer le travail de Valérie Belin comme une tentative obsessionnelle d’appropriation du réel où le « corps » jouerait un rôle déterminant.

Pour éviter l’anecdote de la forme, et pénétrer ainsi au cœur des choses, son travail s’est d’abord cristallisé sur la photographie d’objets en verre – et donc transparents – ou d’objets réfléchissants (l’argent, les miroirs) ; les séries « baroques » des miroirs et des objets en verre réalisées à Venise constituent l’aboutissement de cette recherche.
Parallèlement à ce travail, sa recherche s’est matérialisée par la photographie de robes (robes de mariées de Fabien Durand, collections du Musée des beaux-arts et de la dentelle de Calais, robe de Christian Lacroix). Ces photographies, réalisées en très grand format, témoignent de l’absence du corps qui les a portées et d’une certaine volonté de mémoire ou de célébration.
Les photographies de bodybuilders témoignent d’une forme de paroxysme atteint dans son travail. Le corps, bien que déjà présent de manière métaphorique dans les séries précédentes y figure pour la première fois explicitement.

Pour sa seconde exposition personnelle à la Galerie Xippas, Valérie Belin présente une série de photographies de mariées marocaines, réalisée au cours de mariages aussi bien en France qu’au Maroc. L’idée de faire des photographies de mariages est née du goût de l’artiste pour les cérémonies. Après avoir photographié uniquement des objets dans une sorte de cérémonial organisé par elle, elle choisit aujourd’hui l’exercice qui consiste à s’adapter à une situation ritualisée dont elle ne maîtrise pas elle-même le déroulement, ainsi a-t-elle travaillé en collaboration avec les maîtresses de ces cérémonies nuptiales – les Négafas – possédant robes, accessoires et science de la fête.
Le mariage marocain semble avoir séduit Valérie Belin par la profusion et la richesse décorative de ses éléments cérémoniels. Durant la deuxième nuit de fête – le mariage dure au minimum trois jours – la mariée porte de sept à onze tenues différentes. Certaines de ces robes ont retenu son attention parce qu’elles semblaient réaliser la synthèse inattendue du corps avec l’ornemental, voir l’abstrait. Le corps est mis à plat et se fond dans l’architecture de la robe qu’il met en scène, effaçant toute notion de perspective et de volume, renforçant l’idée que la photographie est avant tout une surface sensible à la lumière.

Valérie Belin est née en 1964, elle vit et travaille à Vincennes. Depuis 1994, son travail a été présenté dans de nombreuses expositions personnelles à la fois en France et à l’étranger, à l’Institut français de Dresde en Allemagne et à la Galerie Vox de Montréal en septembre dernier, pour ne citer que l’année 2000. Jean-Hubert Martin a également choisi de présenter la série des Bodybuilders à l’occasion de la Biennale de Lyon, Partage d’Exotismes. Lauréate du Prix de la fondation CCF pour la photographie, ses photographies ont été présentées à la Galerie Baudouin Lebon en septembre. Ses œuvres ont également été présentées pour une exposition de groupe organisée par la Galerie Durand-Dessert à l’occasion du prix Altadis, du 20 janvier au 10 février, ainsi qu’à la Galerie Helga de Alvear de Madrid du 25 avril au 19 mai. Un ouvrage a été édité par Actes Sud à cette occasion.

samedi 17/02 - samedi 17/03, 2001

108, rue Vieille du Temple, 75003, Paris, France
tel. +33 (0) 1 40 27 05 55