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UPLIFT

mars 20 - mai 30, Genève

Vernissage le 19 mars 2020 de 18h à 21h

Exposition du 20 mars au 2 mai 2020

alfredo aceto | aline bouvy | balthasar burkhard | miriam cahn | ann craven |  thomas liu le lann | xavier mary | vik muniz | jochen plogsties | éric poitevin | ugo rondinone | joana vasconcelos | david zink yi

La galerie Xippas est heureuse de présenter Uplift, l’exposition d’une rencontre entre de grands noms de l’art contemporain et de jeunes talents pour créer un monde aussi étrange qu’envoûtant.

Conçu comme un voyage dans une terre secrète où surgiraient d’étonnantes formes de vie, l’accrochage s’inspire de l’idée de provolution, ainsi que le suggère son titre anglais d’Uplift. Trope de science-fiction, cette conception de l’évolution voit une espèce en améliorer une autre en lui procurant, par exemple, l’intelligence. Elle a été notamment popularisée par l’écrivain américain Glen David Brin dans son « Cycle de l’Élévation » et trouve sa source dans « L’Île du docteur Moreau » de H.G. Wells.

À l’instar de ces maîtres de la littérature, les treize artistes réunis dans l’exposition prêtent à leurs créatures formes, matières ou expressions dont la nature ne les a pas dotés, les incarnant dans le plâtre, le caoutchouc ou la céramique, les drapant de textile, les faisant émerger du sol ou des murs. Chaque oeuvre interroge ainsi l’identité tant de la bête que de l’humain qui la contemple, posant la question de leurs liens et de leur avenir commun sur une planète en alarmante métamorphose.

Au centre de la galerie, des morceaux de poulpe en céramique réalisés par David Zink Yi reposent sur le plancher. Le face-à-face avec ce céphalopode géant qui dévore l’espace est tout sauf familier : ce portrait fragmenté renvoie aux profondeurs inconnues confinant au mythe d’où la mort semble avoir tiré le monstre sous-marin. Trois autres pièces font un écho thématique à cette puissante évocation des mers. Une huile de Jochen Plogsties figure la mâchoire d’un requin blanc, suspendue après dépeçage ; mais le couteau de l’équarisseur n’a su ôter son inquiétante superbe au rictus du squale. À côté, la grande pince de homard recouverte de tissu conçue par Thomas Liu Le Lann et l’aileron de cuir imaginé par Alfredo Aceto s’avèrent presque apaisants, évoquant, ici, l’oreille rassurante d’un fauteuil et là, la rondeur souple de la peluche.

C’est également dans la sphère domestique que convie Joana Vasconcelos. L’artiste portugaise a recouvert une tête de taureau en faïence de dentelle : la mâle bestialité se voit retenue, comme domptée, dans les filets d’un savoir-faire éminemment féminin. Ugo Rondinone joue aussi avec le trophée et le symbole. Sa tête de bouc en caoutchouc renvoie aux représentations mythologiques du faune, personnification joyeuse et décomplexée des plaisirs charnels.

Plus austères sont les volatiles de Xavier Mary et Éric Poitevin. L’aigle du premier, sérigraphié sur de la tôle industrielle, paraît prendre une revanche apocalyptique sur une société de consommation qui n’a eu de cesse de l’emprisonner dans ses emblèmes. Photographié sur un fond cliniquement blanc, l’oiselet du second dit la finitude de l’existence. L’œil définitivement clos, il est suspendu par une patte dans un vertige poétique. Une ambiance d’après le drame que vient démentir le pinceau d’Ann Craven : nichés dans des frondaisons fleuries, ses oiseaux aux plumes vives frissonnent de vie.

Le 8e art sert encore le propos de Balthasar Burkhard. Devant une bâche tendue, un rhinocéros est immortalisé à taille presque réelle. Le mastodonte s’impose au spectateur dans toute son évidence, sans toutefois lui révéler son mystère. L’énigme, toujours, règne chez Vik Muniz, qui emprunte, pour le transfigurer, le célèbre cliché de Garry Winogrand où une blonde racée et un élégant black se promènent dans le zoo de Central Park avec des chimpanzés habillés dans les bras.

Du chien en plâtre d’Aline Bouvy, façonné à même le mur, transpire une sorte de laideur triste, alors que les êtres flous de Miriam Cahn affirment avec violence sur la toile leur grâce déconcertante, faisant fi de la classification des espèces. Les œuvres rassemblées pour Uplift outrepassent la sécurité des hiérarchies et des normes pour replacer la bête et l’homme dans le vaste contexte d’une histoire évolutive dont le futur s’esquisse dans l’incertitude. Elles tendent au destin un miroir des possibles et confrontent sans concession à l’extraordinaire.

vendredi 20/03 - samedi 30/05, 2020

Rue des Sablons 6, 1205, Geneva, Switzerland
tel. +41 22 321 94 14 fax +41 22 320 39 04