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Joan Hernández Pijuan


2000-12-16 - 2001-02-03, Paris

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La Galerie Xippas consacre sa cinquième exposition personnelle à l’une des figures parmi les plus importantes de la peinture espagnole actuelle. Expressionniste à ses débuts, la peinture de Joan Hernandez Pijuan avance en se dépouillant, révélant peu à peu une préoccupation pour les volumes et une volonté d’ordonner les éléments picturaux.

En effet, les années 70 marquent la découverte progressive de nouvelles dimensions picturales à partir du thème du paysage. L’artiste ressent un intérêt grandissant pour les surfaces vides, pour la relation entre l’objet et l’espace qui l’entoure, leur donnant une dimension métaphysique. Ainsi en démontre la série des « Surfaces blanches » présentée lors de son exposition à la galerie en 1998.

Textures délicates, la surface de ses tableaux résulte de superpositions de couches d’huile, laissant parfois visible le fond à la périphérie de la toile. Couleur, lumière et mouvement sont travaillés dans un champ monochromatique selon un modèle redéfini à chaque œuvre. Outre les noirs et les blancs caractéristiques de son œuvre, sa palette se restreint à des ocres, des jaunes, des roses, des verts. Les éléments iconographiques -maison, cyprès, nuage, fleur – apparaissent isolés. Ils sont les thèmes récurrents d’une œuvre où l’émotion s’exprime dans le jeu des contraires, où vides et pleins, visible et invisible, lumière et opacité invitent à la méditation.

Creusant un sillon, l’artiste ordonne le motif et l’isole en traçant dans la matière. Mettant à nu la couche originelle, le dessin grave d’un seul tenant la matière picturale. Lissée, grattée à la spatule, la surface de la toile sollicite la proximité du corps: l’exploration, d’abord visuelle, devient rapidement tactile et permet la découverte de strates sur lesquelles se sédimentent les formes. La toile offre plusieurs chemins possibles, une conversion mentale est nécessaire. L’image représentée se convertit alors en sensations. Il ne s’agit plus pour le peintre de décrire un paysage ou de conceptualiser l’espace mais au contraire de rendre compte de l’univers sensible. La sobriété plastique – étendues monochromes – et le vocabulaire restreint permettent la rencontre puis l’identification des espaces intérieurs et extérieurs.

Le résultat de cette expérience picturale est finalement le silence: le silence dans sa tonalité et sa densité. Pijuan l’interprète comme un héritage topographique, une habitude du regard, une sensibilité créée par sa terre d’origine: la Catalogne, qui lui donne à savourer « l’émotion de l’immobilité absolue d’un jour d’été ».
Joan Hernandez Pijuan est né en 1931 à Barcelone. Il a été nommé cette année « Membre de l’Académie des Beaux-Arts de San Fernando » en Espagne. Son œuvre fait l’objet de nombreuses expositions: le Frankfurter Kunstverein de Francfort en Allemagne a présenté en 1999 « Sentimiento de paisage »: une exposition rétrospective des œuvres de l’artiste réalisées entre 1977 et 1997 et plus récemment le Rupertinum, Museum für moderne und zeitgenössische Kunst, de Salzburg en Autriche présentait les dessins réalisés entre 1972 et 1999.

samedi 16/12 - samedi 3/02, 2001

108, rue Vieille du Temple, 75003, Paris, France
tel. +33 (0) 1 40 27 05 55