Loading Events

« Back

Dominique Blais


2009-05-14 - 2009-06-20, Paris

  • This event has passed.

Présenté en septembre 2008 lors de l’exposition prospective « Palimpseste, un bon pre-texte », la galerie Xippas consacre une exposition personnelle à Dominique Blais.

Explorant les potentiels de la lumière et du son, Dominique Blais travaille, avec les outils et les vocabulaires du sculpteur contemporain, sur des registres immatériels, des climats. Un univers intime s’installe immanquablement. La temporalité de l’écoute s’impose souvent à celui qui est venu voir. Le soin de la mise en espace mêle le physique de l’écoute au temps du regard. Dès l’entrée, l’œuvre Ways (2007) accompagne le spectateur dans la montée des escaliers qui mènent à l’espace de la galerie. Lecture des textes de « My Way » par Sinatra d’une part et de Sid Vicious d’autre part, le visiteur attentif est témoin d’une rencontre entre deux interprétations qui confondent leurs destinées.

La conjonction fragile du temps et de la lumière s’exprime de façon remarquable dans une œuvre inédite Turn on, Tune in, Drop out *. Cette installation met en parallèle d’une part la vidéo d’un percussionniste lors d’une performance musicale sur un gong, et d’autre part les enceintes sensées restituer la bande originale, dont le système stéréophonique absorbe le son, l’étouffe à l’intérieur de lui-même n’en laissant percevoir qu’une tension sourde. Projeté dans la lumière du jour, les détails de l’image se perdent, à l’instar de la musique, comme une résistance chancelante, un point limite de perception. Dominique Blais investit les territoires de l’infime, de l’entre deux, de l’infra mince pour créer des paysages sonores, telles des plaines brumeuses et sourdes. Espace et temps sont convoqués dans leur interstice, dans une région informelle propre à l’atmosphère, à l’ambiance, à la situation.
Par un jeu sur les polarités visible/invisible, son/silence, les attentes perceptives sont rendues floues, confuses, brouillées. Une partie du projet en cours Jishinha (ondes sismiques en japonais) consiste à relever les vibrations sonores des séismes au carrefour de trois plaques tectoniques. Là encore il ne s’agit pas d’enregistrer le son audible à la surface de la terre mais de capter les fréquences hertziennes des mouvements sous-jacents, véritablement liés aux déclenchements des séismes.
Les ondes, le flux, les éléments imperceptibles mais présents, constitue le cœur des recherches que mène Dominique Blais. Les éléments formels appartiennent au monde commun, les sons souvent quotidiens, comme pour souligner le sédiment imperceptible qui accompagne la vie, tel son lustre sonore, présenté actuellement à l’exposition La Force de L’Art, véritable composition musicale à partir de bruits d’une maison durant la nuit.
Dominique Blais assemble des conditions de possibilité de représentations mentales. Beaucoup d’œuvres tendent à jouer de l’absence pour laisser place à la coexistence des choses, aux glissements et ainsi à l’imaginaire. C’est le cas particulier de l’œuvre Transmission (2009)**. L’installation sculpturale matérialise le lien entre deux baies de sonorisation par l’enchevêtrement baroque de centaines de câbles noirs en écheveaux, qui font circuler un son pourtant inaudible. Seule la danse discrète des diodes lumineuses témoigne des flux d’une musique imaginaire devant laquelle on devient le spectateur involontaire d’une messe basse.
Tout le travail de Dominique Blais s’inscrit dans le sillon esthétique de la musique électronique, milieu dont il est proche, entre autre en tant qu’ancien programmateur de concerts et de performances sonores à Confluences, Paris. Les dessins, série inédite composés de tâches circulaires de poudre de fusain sont les transcriptions d’un morceau de musique choisi par l’artiste parmi les maîtres du genre, de Christian Marclay et Günter Müller à O + Noto, en passant par White House ou Autechre. Les traces proviennent des enceintes sur lesquelles l’artiste a déposé de la poussière de graphite que les vibrations sonores projettent sur le papier pendant toute la durée d’un morceau. Empreintes, témoins, réunion synésthésique de l’écoute et du regard, les dessins condensent en une surface le déroulement d’un temps passé, et laisse apparaître de sombres soleils acoustiques, mirages incertains de matières sonores figées par contact.

Tension d’un matériel sonore en action muette, circulation de flux d’énergies invisibles, effacement des propriétés de l’objet ; les terrains de la lumière et du son s’entremêlent poétiquement dans l’expérience, une intelligence des contraires où les limites s’évaporent, se subliment.
Membre de Glassbox, diplômé de l’Ecole Régional des Beaux-Arts de Nantes, du Conservatoire des Arts et Métiers de Paris (DEA Média / Multimédia) et du Collège Invisible, Dominique Blais a débuté son travail en 2005. Plusieurs expositions ont récemment révélé son travail : IrmaVepLab, Chatillon-sur-Marne ; « Les Ondes » au Dojo, Nice ; « Visions Nocturne » à La Galerie de Noisy-le-Sec dont il était résident; « Module 1 » au Palais de Tokyo, Paris ; « Décélération » à la Galerie Edouart Manet de Gennevilliers ; « Inside the Circles » à Tripode, Fonderie Darling, Montréal (Canada), … Par ailleurs Dominique Blais a obtenu diverses résidences et bourses. Dans le cadre l’allocation de recherche du CNAP, il sera au Japon cette année pour le projet Jishinha. Enfin, Dominique Blais participe à La Force de l’Art 02 (Grand Palais / 23 avril -1 er juin) avec l’œuvre Sans titre (Lustre).

*œuvre produite avec le soutien de Jean-Paul Guy et l’aide technique de « Focal ».

** œuvre produite par La Galerie Edouard Manet, Gennevilliers, France pour l’exposition « Décélération » (12 février – 11 avril 2009)

Page liée artiste: - Dominique Blais

jeudi 14/05 - samedi 20/06, 2009

108, rue Vieille du Temple, 75003, Paris, France
tel. +33 (0) 1 40 27 05 55 fax +33 (0) 1 40 27 07 16