Vera Lutter

Vera Lutter a ravivé et renouvelé la technique de la camera obscura d’une manière inhabituelle et magique tant en termes d’utilisation du support que du résultat final.

La camera obscura a été largement utilisée en Europe pendant la Renaissance, même si de différentes versions de la technique ont été utilisées auparavant en Chine et dans le monde arabe ou antique. Durant toute sa carrière artistique, Vera Lutter a maximisé le potentiel de la camera obscura en la transformant en une méthode photographique. Utilisant au départ des structures de la taille d’une pièce, puis des conteneurs avec un trou disposé sur une de ses parois, elle projette et expose la scène extérieure directement sur du papier sensible. Le processus photographique inverse les tons sur le papier – le ciel est noir, les bâtiments blancs – et inverse également l’image. L’artiste habite souvent l’appareil photographique pendant les longues poses qui peuvent durer des heures, des jours voire des semaines. Les images n’étant pas réalisées avec un négatif, celles-ci sont uniques et ne peuvent pas être reproduites.

Le travail de Vera Lutter se concentre sur des monuments architecturaux ou industriels, sur des lieux à résonance emblématique allant ainsi de l’usine abandonnée de Pepsi Cola à Long Island City à la centrale électrique de Battersea (aujourd’hui disparue) de Londres. Les environnements urbains (New York, 1994), les zones industrielles (les séries « Friedrichshafen » 1999 et « Frankfurt Airport » 2001), l’architecture intérieure (« Studios » et « Pepsi Cola » 2000-2003), affirment leur stature et soulignent la totale absence d’êtres humains. La solitude et les tons éthérés dominent dans les images de Vera Lutter et reflètent le passage du temps, le transitoire.

En utilisant la camera obscura de cette manière si particulière et sensible, Vera Lutter réussit à capter les traces de mouvements. Ses images révèlent les aspects cachés des sujets choisis, les poussent à la limite de l’inconnu et du nouveau. Les objets et les environnements nous renvoient une tranquillité et un mystère étranges, comme s’ils étaient suspendus entre mobilité et immobilité, proximité et distance.

Vera Lutter: Museum in the Camera


Le film réalisé par le LACMA documente la résidence de deux ans de Vera Lutter au musée de Los Angeles et suit l’artiste au travail pendant cette période. Pendant cette résidence, Vera Lutter a entrepris un projet ambitieux, photographiant le


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Vera Lutter: Interview


Dans cette interview réalisée par Michael Kurcfeld en 2018 pour Paris Photo, Vera Lutter raconte son parcours et exprime sa fascination pour la camera obscura. La mémoire et le temps, l’inconnu et l’étrange sont au cœur des préoccupations de l’artiste


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