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paris (espace 1)

martin maloney

samedi 04 juin
samedi 30 juillet 2005



Martin Maloney apparaît depuis ces dernières années comme un des représentants importants de la scène artistique anglaise contemporaine, réalisant des peintures extrêmement colorées au dessin tout à fait particulier, figurant des portraits, des natures mortes ou des scènes de la vie quotidienne issues de son environnement immédiat.
Pour sa première exposition à la Galerie Xippas, Martin Maloney présente une série de peintures en noir et blanc représentant des scènes urbaines. Avec cette nouvelle série, l’artiste a décidé de s’imposer une nouvelle contrainte, décidant de placer la couleur en dehors de la représentation.
Si la couleur est apparemment absente, les nuances de gris, les blancs et les noirs nous apparaissent pourtant colorés. En mettant de côté la couleur, habituellement très présente dans ses œuvres, Martin Maloney reconsidère les autres composants de la peinture. Cet abandon l’oblige à se débarrasser de certaines habitudes picturales et l’incite à reconsidérer les éléments qu’il envisageait comme étant essentiels à la réalisation d’une peinture « intéressante ». Il l’oblige à se concentrer davantage sur le dessin et la composition.

Lors de la réalisation de ces peintures, Martin Maloney exprime une liste « secrète » de désirs, faisant référence, non sans humilité, à certains grands maîtres de la peinture : « s’inspirer de Tiepolo dans la vitesse et l’économie d’exécution et ainsi s’attacher à travailler le dessin sans le noyer dans la matière ; avoir l'audace des compositions de Véronèse qui laissant s’introduire un chien dans l’angle du tableau vole le drame de la scène principale. S’inspirer sans le copier de l’esprit de David Hockney qui en 1967 produit avec des lignes aux configurations abstraites une représentation de quelque chose de vrai. Résister à l’imitation, mais essayer d’approcher l’élégance du vide et la brutalité des lignes griffonnées de Cy Twombly ».

Martin Maloney donne ici une place toute particulière aux objets du quotidien. Des choses ordinaires habituellement sans intérêt prennent ici une place dominante. Pour Martin Maloney, construire un tableau est comme établir un puzzle avec l’espace : où placer les choses, décider de la prédominance de tel ou tel sujet, et comment établir un équilibre entre l'ordinaire, le quotidien et l'extraordinaire. Comment dessiner le beau et le laid sans pour autant accabler le spectateur. En réalisant ces peintures monochromes, l’artiste s’est davantage attaché à regarder ces objets dans leur contexte, plutôt qu’à les étudier dans les livres d’histoire de l’art.
Dans l’observation de la rue, de l’architecture de la ville et de sa banlieue, Martin Maloney apprécie ces instants de beauté surgissant de la routine née de la configuration urbaine. Il s’agit pour lui de peindre la chaleur de l’esprit humain dans des lieux où on ne l’attend pas.

Martin Maloney est né à Londres en 1961. Après des études à la St Martin School of Art and Design de Londres, à la School of Visual Arts de New York et au Goldsmiths College de l’université de Londres, il se lance dans une carrière artistique mélant création plastique, écriture- notamment pour les magazines Artforum et Flash Art- ; il organise des expositions dans sa galerie-appartement de Londres. Ses œuvres ont été exposées régulièrement en Europe ; il a notamment participé à des expositions de groupe très remarquées, “Sensation” à la Royal Academy of Arts et ”New Neurotic Realism” et ”New Labour” à la Saatchi Gallery. Il est représenté par la galerie Timothy Taylor de Londres, a exposé à la galerie Anthony d'Offay en 2000, chez Xavier Hufkens à Bruxelles en 2004 et a été sélectionné en 2002 pour le John Moores Painting Prize présenté à la Walker Art Gallery de Liverpool.

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