artistes
paris (espace 2)

joseph marioni

samedi 04 juin
samedi 30 juillet 2005



Depuis les années 70, Joseph Marioni s’occupe exclusivement de la peinture. Ses tableaux sont réalisés à la verticale, au moyen d’un rouleau largement imprégné de peinture, de manière à ce que celle-ci se répande le plus largement sur la surface, le surplus coulant ainsi dans le bas de la toile. Après un temps de séchage, le procédé est répété à plusieurs reprises utilisant le plus souvent des couches de couleurs différentes ou simplement contrastées. Les tableaux sont intitulés Yellow, Blue, Red, Green, White.
Ces œuvres nous encouragent à éprouver la couleur non comme simple surface mais comme phénomène livré entièrement à la vision et résistant au langage.
Apparemment « radicales » de par leur titre et le procédé mis en place, ces peintures offrent une texture et une profondeur indéniables, provoquées par les accidents, les traces de l’écoulement de l’acrylique, par les vibrations de la couleur, obtenues par superposition de différentes couches et le jeu des transparences.

Pour cette première exposition à la Galerie Xippas, Joseph Marioni présente un ensemble de 6 peintures : Violet, Blue, Green, Yellow, Orange et Red Painting. De taille moyenne et de forme apparemment rectangulaire, ces toiles se rétrécissent vers le bas de manière à peine perceptible. Ceci a pour effet d'accentuer la sensation d’écoulement de la matière et d'insister sur l’importance d’établir une logique et une adéquation entre le support « objet » et le procédé de manipulation du matériau.
Bien que dominé par la couleur de la couche finale, peu de ces œuvres sont vraiment monochromes. Chaque peinture contient des sous-couches de couleur habituellement plus foncées, mais ne contrastant jamais brusquement.

Face à ces œuvres, l’expérience fondamentale pour le spectateur ne réside pas tellement dans l'image, mais davantage dans la perception de la distance comprise entre l'image et le titre. L’œuvre de Marioni peut être comprise comme la poursuite d'une double quête : celle de représenter la couleur - ou plutôt, les couleurs particulières, celles nommées en tant que titre de ses peintures - et représenter la peinture. Son travail essaye de répondre à des questions spécifiques à la modernité et à la peinture. Que peut être la peinture après l’avènement de la photographie, de l’électricité et de l’histoire de l’art.

Joseph Marioni a étudié à la Cincinnati Art Academy entre 1962 et 1966 et à la San Francisco Art Institute de 1966 à 1970. Il vit et travaille à New York depuis 1972. C’est avant tout en Europe et notamment en Allemagne, en Suisse et en Autriche que son œuvre sera reconnue au départ. En 1993, Kasper Konig et Hans-Ulrich Obrist lui offrent une salle entière à la Kunsthalle de Vienne en Autriche pour l’exposition « The Broken Mirror », alors que la même année la Kunsthalle Winterhur en Suisse lui consacre une exposition personnelle. Il expose régulièrement dans les galeries Rolf Ricke de Cologne, Mark Müller de Zurich et Nachst St. Stephan de Vienne. En 1995 il expose à la Kunsthalle de Baden-Baden en Allemagne, puis en 1996 au Wiener Secession en Autriche. C’est principalement la Galerie Peter Blum qui le fera connaître au public New Yorkais. Le Rose Art Museum de la Brandeis University lui a consacré une rétrospective en 1998, puis le Colombus Museum of Art en 1999.

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