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Takis

Système solaire (antigravity)

février 15, 2003 - avril 12, 2003, Paris

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Brusquement, un soir d’avril 1959 – sur le trottoir de la rue de la Huchette où j’allais avec un ami écouter quelques musiciens de jazz récemment débarqués à Paris -, Takis me surprit. Il me dit : « ça y est, j’ai trouvé. » Cela sonnait exactement comme l’ »eurêka » d’Archimède. Sans rire : c’était émouvant et beau. Et, pour me le prouver, il sortit d’un sac en papier la première sculpture « télémagnétique », où des éléments métalliques sont maintenus en suspens dans l’air par un aimant. Ainsi, l’énergie magnétique, pour la première fois, entrait dans la composition d’une sculpture. Elle lui était incorporée, comme l’air est incorporé aux formes des sculptures baroques.

Dès ses débuts, Takis a été fasciné par l’attraction terrestre et l’omniprésence de l’énergie en toute chose. Toute son œuvre est centrée sur l’imagination de l’espace, sa musique et son infini. Faire œuvre de sculpteur se confond pour lui avec une expérience dont le but consiste à mettre en lumière et à vérifier la présence de cette énergie. Ses recherches sur le magnétisme viennent bouleverser les lois de la pesanteur et de l’art. Takis, artiste, croit à ce que les découvertes scientifiques peuvent révéler et ne peut donc y rester indifférent.
C’est en tant que précurseur, en novembre 1960, quelques mois avant le vol spatial de Youri Gagarine, le premier homme dans l’espace, que Takis présente « L’impossible, un homme dans l’espace » à la Galerie Iris Clert. Défiant la gravité, il lance son ami, le poète Sinclair Beiles, dans l’espace. Celui-ci retenu dans le vide par la magie magnétique, échappant ainsi aux lois de la pesanteur, lit le manifeste magnétique et déclame : « I am a sculpture ».
Alors que les peintres avaient coutume de mettre des objets sur leurs toiles, Takis a montré que sa recherche des possibilités de l’électromagnétisme ouvrait la voie à une approche nouvelle : des objets ou un être humain pouvaient être tenus en suspens dans l’espace par une force mystérieuse.

L’exposition à la galerie Xippas est constituée de 9 Sculptures magnétiques composées de tableaux et d’aimants et de 9 boules métalliques, l’ensemble figurant les 9 planètes du système solaire. Chaque boule, de couleur noire, maintenue en suspens dans le vide par l’attraction magnétique, flotte à quelques centimètres de la surface de toiles, elles-mêmes noires. La force magnétique agit contre la force de gravité. La sculpture agit comme révélateur de l’invisible et plus particulièrement ici de l’énergie accumulée par les trous noirs. Selon des observations récentes, l’univers serait dominé par ce phénomène aux propriétés antigravitationnelles peu communes, mais toujours incompris par les scientifiques eux-mêmes.
L’œuvre de Takis nous invite à cesser de contempler l’horizon terrestre comme le seul horizon possible. Elle glorifie l’univers entier, l’espace et l’énergie qui l’animent.

1 Alain Jouffroy : « Le télémagnétisme de Takis », texte de 1963 paru dans le catalogue de l’exposition Takis à la Galerie Nationale du Jeu de Paume en 1991.

L’énergie noire domine l’univers

Brian Chaboyer, professeur auxiliaire de physique et d’astronomie

Le 2 janvier 2003. Un chercheur de Dartmouth échaffaude une théorie selon laquelle l’univers est dominé par « l’énergie noire ». Cette énergie mystérieuse, aux propriétés anti-gravitationnelles peu communes, a été le sujet d’un important débat entre astrophysiciens. Brian Chaboyer, professeur auxiliaire de physique et d’astronomie au Dartmouth College, et son collaborateur Laurent Krauss, professeur de physique et d’astronomie à la Case Western Reserve University, ont rapporté leur découverte dans le numéro du 3 janvier 2003, du magazine Science.
Leurs calculs des âges des étoiles les plus anciennes combinés aux mesures du taux d’expansion et de géométrie de l’univers les ont amenés à conclure que l’énergie noire domine la densité énergétique de l’univers.

« Cette découverte corrobore l’idée selon laquelle l’univers serait dominé par un type d’énergie que nous n’avons jamais pu observer directement », dit Chaboyer. « Les observations de lointaines supernovas ont suggéré depuis quelques années que l’énergie noire domine l’univers, et notre découverte prouve que l’univers est dominé par ce type d’énergie que nous ne comprenons pas ».

Les chercheurs en arrivèrent à cette conclusion alors qu’ils affinaient leurs estimations de l’âge de nébuleuses, qui sont des regroupements d’environ 100 000 étoiles découvertes dans la périphérie de notre galaxie, la Voie Lactée. Puisque cet âge (environ 12 milliards d’années) est contradictoire avec l’âge d’expansion d’un univers plat (seulement 9 milliards d’années environ), Krauss et Chaboyer en sont arrivés à la conclusion que l’univers augmente plus rapidement maintenant qu’il ne l’a fait dans le passé.

La seule explication, selon Chaboyer et Krauss, d’une accélération de l’expansion de l’univers réside dans le fait que le contenu en énergie du vide est différent de zéro avec une pression négative, en d’autres termes une énergie noire. Cette pression négative du vide est d’importance croissante au fur et à mesure que l’univers augmente et, est à l’origine d’une accélération de cette expansion.

Brusquement, un soir d’avril 1959 – sur le trottoir de la rue de la Huchette où j’allais avec un ami écouter quelques musiciens de jazz récemment débarqués à Paris -, Takis me surprit. Il me dit : « ça y est, j’ai trouvé. » Cela sonnait exactement comme l’ »eurêka » d’Archimède. Sans rire : c’était émouvant et beau. Et, pour me le prouver, il sortit d’un sac en papier la première sculpture « télémagnétique », où des éléments métalliques sont maintenus en suspens dans l’air par un aimant. Ainsi, l’énergie magnétique, pour la première fois, entrait dans la composition d’une sculpture. Elle lui était incorporée, comme l’air est incorporé aux formes des sculptures baroques.

Dès ses débuts, Takis a été fasciné par l’attraction terrestre et l’omniprésence de l’énergie en toute chose. Toute son œuvre est centrée sur l’imagination de l’espace, sa musique et son infini. Faire œuvre de sculpteur se confond pour lui avec une expérience dont le but consiste à mettre en lumière et à vérifier la présence de cette énergie. Ses recherches sur le magnétisme viennent bouleverser les lois de la pesanteur et de l’art. Takis, artiste, croit à ce que les découvertes scientifiques peuvent révéler et ne peut donc y rester indifférent.
C’est en tant que précurseur, en novembre 1960, quelques mois avant le vol spatial de Youri Gagarine, le premier homme dans l’espace, que Takis présente « L’impossible, un homme dans l’espace » à la Galerie Iris Clert. Défiant la gravité, il lance son ami, le poète Sinclair Beiles, dans l’espace. Celui-ci retenu dans le vide par la magie magnétique, échappant ainsi aux lois de la pesanteur, lit le manifeste magnétique et déclame : « I am a sculpture ».
Alors que les peintres avaient coutume de mettre des objets sur leurs toiles, Takis a montré que sa recherche des possibilités de l’électromagnétisme ouvrait la voie à une approche nouvelle : des objets ou un être humain pouvaient être tenus en suspens dans l’espace par une force mystérieuse.

L’exposition à la galerie Xippas est constituée de 9 Sculptures magnétiques composées de tableaux et d’aimants et de 9 boules métalliques, l’ensemble figurant les 9 planètes du système solaire. Chaque boule, de couleur noire, maintenue en suspens dans le vide par l’attraction magnétique, flotte à quelques centimètres de la surface de toiles, elles-mêmes noires. La force magnétique agit contre la force de gravité. La sculpture agit comme révélateur de l’invisible et plus particulièrement ici de l’énergie accumulée par les trous noirs. Selon des observations récentes, l’univers serait dominé par ce phénomène aux propriétés antigravitationnelles peu communes, mais toujours incompris par les scientifiques eux-mêmes.
L’œuvre de Takis nous invite à cesser de contempler l’horizon terrestre comme le seul horizon possible. Elle glorifie l’univers entier, l’espace et l’énergie qui l’animent.

1 Alain Jouffroy : « Le télémagnétisme de Takis », texte de 1963 paru dans le catalogue de l’exposition Takis à la Galerie Nationale du Jeu de Paume en 1991.

L’énergie noire domine l’univers

Brian Chaboyer, professeur auxiliaire de physique et d’astronomie

Le 2 janvier 2003. Un chercheur de Dartmouth échaffaude une théorie selon laquelle l’univers est dominé par « l’énergie noire ». Cette énergie mystérieuse, aux propriétés anti-gravitationnelles peu communes, a été le sujet d’un important débat entre astrophysiciens. Brian Chaboyer, professeur auxiliaire de physique et d’astronomie au Dartmouth College, et son collaborateur Laurent Krauss, professeur de physique et d’astronomie à la Case Western Reserve University, ont rapporté leur découverte dans le numéro du 3 janvier 2003, du magazine Science.
Leurs calculs des âges des étoiles les plus anciennes combinés aux mesures du taux d’expansion et de géométrie de l’univers les ont amenés à conclure que l’énergie noire domine la densité énergétique de l’univers.

« Cette découverte corrobore l’idée selon laquelle l’univers serait dominé par un type d’énergie que nous n’avons jamais pu observer directement », dit Chaboyer. « Les observations de lointaines supernovas ont suggéré depuis quelques années que l’énergie noire domine l’univers, et notre découverte prouve que l’univers est dominé par ce type d’énergie que nous ne comprenons pas ».

Les chercheurs en arrivèrent à cette conclusion alors qu’ils affinaient leurs estimations de l’âge de nébuleuses, qui sont des regroupements d’environ 100 000 étoiles découvertes dans la périphérie de notre galaxie, la Voie Lactée. Puisque cet âge (environ 12 milliards d’années) est contradictoire avec l’âge d’expansion d’un univers plat (seulement 9 milliards d’années environ), Krauss et Chaboyer en sont arrivés à la conclusion que l’univers augmente plus rapidement maintenant qu’il ne l’a fait dans le passé.

La seule explication, selon Chaboyer et Krauss, d’une accélération de l’expansion de l’univers réside dans le fait que le contenu en énergie du vide est différent de zéro avec une pression négative, en d’autres termes une énergie noire. Cette pression négative du vide est d’importance croissante au fur et à mesure que l’univers augmente et, est à l’origine d’une accélération de cette expansion.

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samedi 15/02 - samedi 12/04, 2003

108, rue Vieille du Temple, 75003, Paris, France
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