Marco Maggi

Avec des matériaux simples, manufacturés, à la portée de tous : feuilles de papier ou d’aluminium, pommes ou encore enveloppes, l’artiste déploie une topographie faite de détails où l’accent porte sur le quotidien, sur le micro plutôt que sur le macro, nous incitant à nous approcher de ces objets soignés. 
L’œuvre de Marco Maggi fait acte de résistance. Elle ne cherche ni le grandiloquent ni le choc de l’image. De l’observation des cubes de plexiglas de prime abord transparents ou des feuilles en apparence blanches, se découvrent les entrelacs de creux et de pleins, les reliefs subtils et presque impalpables qui se détachent des surfaces planes. En s’approchant de ces objets précieux, le spectateur perçoit alors un réseau infini et délicat d’où naît une relation intime et le sentiment du sublime. Surgissant comme des haïkus visuels dont les sens restent énigmatiques, ses dessins s’inscrivent dans l’espace pour composer une constellation de formes éparses. Avec douceur et légèreté, les feuilles de couleur rouge, jaune ou bleue, sortes de signalétique discrète, rythment le parcours, fonctionnant comme des tâches colorées, des ombres portées, des reflets ou des renvois. Par l’accumulation des fragments et des sédiments, Marco Maggi montre sa capacité à multiplier le détail révélateur des connexions entre les choses.

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